Pascale Vd'Auria

 

Empruntant l’idée à Bernanos, j’aime dire que le hasard me ressemble. Je nais trois jours avant Noël. Quelle impatience idiote! J’attendais trois jours de plus et on me découvrait, au pied du sapin, emmaillotée dans du papier doré. On m’aurait applaudie !...

J’aime beaucoup me raconter des histoires. Je m’oriente très vite du côté de la littérature. Je fais semblant d’être une étudiante appliquée mais à la première occasion, je file du côté du théâtre. Je serai comédienne.

Cependant je me lasse. Tout n’a qu’un temps, je le sais.

Et surtout -surtout !- je rencontre l’homme de ma vie. Tout de suite je lui tricote notre premier bébé. C’est une fille. Exit le théâtre. Je commence à écrire mes premières histoires.

Quatre ans plus tard, juste avant la naissance de mon second bébé -un garçon cette fois- je reçois un coup de fil d’une maison d’édition. C’est oui ! Je vais être publiée ! Enfin ! Mon second bébé naît dans une ambiance de fête.

L’intrusion de la peinture dans ma vie s’est produite peu avant l’arrivée de ma petite dernière. On m’avait offert… un chevalet. Au début, lui et moi, sous le regard amusé de mon troisième bébé, on s’est plutôt regardés en chien de faïence. Puis très vite j’ai plongé. Une nouvelle page de mon histoire venait de s’ouvrir.

Quand j’écris, je pousse une porte, je franchis la barrière, je rentre dans mon rêve.

Je cherche un récit simple, solaire. Voilà ce qui me plaît. Voilà ce qui me guide et m’invite à fouiller, toujours, encore, et encore plus loin. J’ai eu la chance d’être une enfant heureuse, aimée et protégée. Mes histoires prolongent mon enfance. La clé est là.

Mon rêve récurrent, c’est semer le bonheur, le répandre par les champs, les trous de taupe aussi, et devenir étoile dans la nuit de l’enfant.

Je chemine sans hâte curieuse de l’aléa qui fait si bien les choses. Mon parcours est émaillé de riches découvertes. C’est ainsi que j’avance.

« Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des rendez-vous. », affirme Paul Éluard. Je suis bien d’accord avec lui.

 

© Pascale Vd'Auria 2015